• La persienne

     

     

    PHOTO Thierry Cuvillier 

    PHOTO : Thierry Cuvillier 

                                                            

    Ca fait longtemps que je n'ai plus écrit dans ce fichu blog... En même temps personne ne lit les blog et puis.... 

    Et puis j'ai du travail parait-il.... 

    Le monde s'acharne a faire de nous des incapables....

    Je crois que j'ai fini par comprendre un truc :

    La fatalité c'est un truc qu'on a inventé pour que les losers puissent se rassurer d'être vivants.

    Un principe catho qui te permet de te dire que y a pire que toi, que la merde a beau s'accumuler tu peux regarder ton poste en te branlant sur la gamine d'en face.

    Tu peux t'oublier dans tous les bars du monde, auprès de tous les culs possibles, tu seras toujours une entité putride percluse de germes destinés à pourrir à la première occasion.

    Tu peux te marier, faire brailler ta femme de temps en temps, te reproduire dans la satisfaction stupide de l'insouciance, tu vas crever.

    Tu peux continuer de polluer dans ton quatre quatre merdeux, qui t'as mis sur la paille pour les cinq prochaines années, c'est qu'une question de temps avant que tu te ramasses le mur de ta maison même pas bourgeoise, identique a toutes les autres de ta rue.

    Ce monde s'acharne a faire de nous des inadaptés, aigris, puants, shootés à la réussite...Mais quelle réussite putain ?!

    Celle de pouvoir se dire que si c'est pas de l'amour ça y ressemble pas beaucoup mais au moins on est pas tout seul.

    Celle de se réconforter en regardant au vingt heures les mômes démembrés par des bombes fabriquées dans des usines par des mecs encore plus largués que soi.

    Celle de se dire qu'on mange tous les jours a sa faim même si le goût est bien lointain et assurément aussi insipide que son existence.

    La réussite réside dans le fait d'être un loser magnifique, qui encule les mouches à contre courant.

    Je crois que j'ai enfin compris un truc...

    La vie est un film assez merdique dont on connaît déjà la fin : a quoi bon regarder, faut juste attendre que ça passe.

    Sauf que le film passe en boucle, il passe et repasse mais en accéléré et l'attentisme n'arrange rien au merdier.

    J'ai compris un truc on y arrivera jamais.

    Et on se déçoit tous les matins sans même avoir besoin de voir notre gueule dans la glace. 

    Pas besoin.

    Arrêtons de perdre du temps.

    C'est quoi cette énergie dépensée à se la faire à l'envers, parce qu'il faut être efficient quoi qu'il arrive, le rendement même si il consiste a faire de la merde ça reste du rendement?

    Et le temps si c'est pas du fric c'est au moins ça de pris sur le moment où on aurait pu utiliser ce qui nous sert de matière grise.

    Putain est-ce que c'est de l'arrogance que de se dire : moi je veux pouvoir mourir en regrettant le moins possible. 

    J'ai parfois la nette et douloureuse impression que tout le monde s'en cale. 

    Non mais vraiment, tout le monde, même moi, souvent d'ailleurs j'm'en fous. 

    J'vois bien que je cède. Que je concède un maximum.

    Et tout ce qu'on lâche au système, et tout ce qu'on accepte chaque putain de jour. Livrés au premier abruti venu, celui qui, avec ses galons peut te pourrir ta journée parce qu'au néant  de la capacité il a coché toute les cases.

    Tout ce qu'on accepte de la soi disant p'tite vanne de bureau ou de café en passant par la grosse lourdeur glissée un soir tard, tout ce qu'on concède dans les regards, dans cette masse informe et apathique qu'est-ce que c'est à part un renoncement calibré par la fange bien-pensante de la persienne ? Tu sais celle qui balance tout, mais ne voit jamais rien. 

    Putain ! On n'y arrivera jamais...

    On est coincés comme des rats. 

    Le film va défiler, défile... Et comme dirait mon co-auteur préféré : on va tous mourir. 

    Et putain c'est peut-être ce qui risque de nous arriver de mieux.... 

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    thierry
    Mercredi 18 Juin 2014 à 08:54

    Ca fait longtemps qu'on écoute plus les cris du monde parcque ça fait longtemps qu'on entend plus les notres,


    Mais parfois au coeur de ce chaos, de cette chute perpétuelle, une petite lumière d'amour


    ou d'attachement flotte en surface de cette océan de noir goudron et rien que pour ce moment, cette espoir


    qui peu paraître futile, rien que pour cette bouée qui tangue au tumulte des vagues, j'ai quand même envie


    d'y croire. Ca me donne des envies de le partager, ce mince espoir.


    Quitte à continuer je préfère suivre cette petite lueur du coeur plutôt que de me dire que devant il ne reste que le noir


    et la peur de celui-ci.


     


    vers toi pour un peu de lumière.


     


    Thierry


     


     


     


     

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